«De tous les composants de nos liquides corporels, il ne fait aucun doute que c’est l’acide qui a les effets les plus nocifs.» (Hippocrate.)

 En naturopathie, l’équilibre acido – basique c’est quoi ? Pourquoi est il si important ? Comment le mesurer ?

L’équilibre acido – basique est une notion essentielle en naturopathie, essentielle au maintien de l’équilibre fragile des constantes physiologiques de l’organisme. Plusieurs facteurs environnementaux jouent sur cet équilibre : alimentation, boisson, respiration, activité physique, force émonctorielle et facteurs psycho – somatiques.

Cet équilibre se mesure à partir du PH qui sert à mesurer le degré, la force d’acidité ou d’alcalinité de quelque chose : cette force consiste en la capacité d’uns substance à libérer des ions d’hydrogène (H+). Le PH est spécifique d’un organe ou d’un système. cet équilibre est toujours dynamique.

 Q’est – ce qu’un acide ? Un élément minéral organique capable de capter des électrons, particules chargées négativement et les acides veulent voler des électrons

Qu’est – ce qu’une base ? Un élément minéral ou organique qui va pouvoir donner des électrons et les bases veulent donner des électrons.

A eux deux, ils s’équilibrent. Ce qui correspond au PH 7 dit PH neutre.

On parle de : PH acide de 0 à 7 (ex. urine, salive, peau, sucs gastriques) / Ph neutre à 7 / PH basique de 7 à 14 (ex. sang, sucs pancréatiques et intestinaux)

 Cela signifie que

Plus l’acidité est grande, plus le Ph est faible et la concentration en H+ élevée. Plus l’alcalinité est grande, plus le Ph est fort et la concentration en H+ faible. Un Ph 4 signifie 1000 fois plus acide que le neutre.

 Afin de déterminer notre sensibilité aux acides, il est important de connaître notre constitution, notre terrain :

Les signes d’une acidification seront détectables à partir du bilan de santé : morphologie, visage, peau, ongles, cheveux, étude iridologique : sont essentiellement concernés les neuro – arthritiques (nerveux et bilieux), le tempérament de type rétracté, les diathèses III et IV.

 Vous sentez-vous bien dans votre peau? Êtes-vous souvent fatigué, irritable et épuisé? Avez-vous du mal à récupérer ? Etes vous frileux ? … Prenez-vous du poids malgré une alimentation raisonnable et raisonnée ? Etes vous sensible à :

  • Brûlures d’estomac, des troubles intestinaux ou gastriques?
  • Douleurs osseuses ou a-t-on diagnostiqué chez vous de l’ostéoporose?
  • Douleurs musculaires, articulaires, rhumatismes ou fibromyalgie? Crampes … : muscles douloureux à la pression ?
  • Maux de tête et migraines?
  • Caries ? gencives enflammées et sensibles ? sensibilité des dents au froid et au chaud ?
  • Calculs rénaux ? Diabète ? Goutte ? Sciatique ?
  • Sécheresse cutanée ? de crevasses ? ….
  • Perte de cheveux fréquentes ? cheveux ternes ? Ongles cassants, dédoublés, fragiles … ?

il serait utile de lister dans son alimentation ce qui semble acide ou acidifiant puis d’observer ce qui se passe après l’ingestion d’un aliment acide ou acidifiant ? mal être, brusque fatigue, douleurs, hypersalivation, transpiration, après une forte consommation de fruits acides tels que framboises, tomates… ou lors d’une cure de jus de citrons ou de raisin.

Votre pH urinaire est-il dans les normes ?

Mesurer le Ph urinaire comme c’est fréquemment pratiqué se fait à partir de bandelettes de papier Ph. Ces mesures peuvent se faire plusieurs fois par jour (avant les repas de préférence), ce qui permet de mieux appréhender la nécessité d’une prise en charge naturopathique pour corriger le terrain. Toutefois cela ne renvoie pas grand-chose sur l’état de l’acidité de l’organisme puisque le rôle du rein est d’éliminer des acides.

*****

L’équilibre acido – basique dépend des entrées et des sorties (alimentation, métabolisme), mais la balance penche plutôt du côté acide.

 Le corps libère

des acides faibles, volatils comme l’acide carbonique, éliminé dans la journée mais aussi de l’acide oxalique, pyruvique, malique (si le cycle de production d’énergie échoue à parvenir à son terme),

des acides forts, non volatils comme les acides chlorydrique, urique, sulfurique, phosphorique.

Qui dit acide dit acidification ? sanguine ? tissulaire ? La présence d’acides dans le corps est normale mais le corps produit fréquemment plus d’acides qu’il n’est capable d’en éliminer. Une acidification chronique s’installe avec un stockage des acides excédentaires dans les tissus. Le naturopathe intervient alors sur les troubles fonctionnels liés à cet état d’acidose tissulaire qui avec le mode de vie moderne dépasse largement les capacités de l’organisme à éliminer, réguler …et l’incapacité de certains à métaboliser certaines opérations chimiques. Il est clair que la variation du PH a un impact sur l’activité enzymatique, son ralentissement voire son arrêt. Ce qui bloquera l’assimilation des nutriments par exemple. Le PH peut agir sur l’ouverture des membranes cellulaires ou les récepteurs des neuro – transmetteurs, voire même le microbiote intestinal.

Ces acides peuvent toutefois être neutralisés, tamponnés par le système des bases (une base alcaline va neutraliser l’acide en fabricant un sel) ou stockés très profondément dans le mésenchyme, tissu conjonctif de soutien.

 1 acide + 1 base = 1 sel neutre + eau

Attention il faut noter que le sel neutre va également rester dans le corps et participer à son encrassement si le corps ne peut l’éliminer ==> déchets résiduels !!!  Si les systèmes tampons sont dépassés par les acides, excédentaires (exemple : soufre, phosphore, chlore, silice…), le corps va devoir aller chercher ailleurs ses bases. En effet, pour neutraliser cet excès d’acide, l’organisme va puiser dans ses réserves minérales situées dans les os, et les dents (calcium, sodium, magnésium, cuivre …), ce qui provoquera une déminéralisation. Les réserves minérales se situent aussi dans les cheveux, les ongles, la peau, les vaisseaux, veines … le sang. Donc éliminer les acides c’est mieux que de les neutraliser.

Les deux voies d’élimination des acides sont :

 A 75 % les poumons : d’où l’intérêt de faire prendre conscience de l’importance du souffle (souvent bloqué par le stress), de la ventilation qui va jouer sur cet équilibre acido – basique en apportant une réponse rapide et efficace. Chacun peut agir sur sa respiration, en toute conscience, n’importe où, n’importe quand, bref être autonome afin de débloquer le diaphragme. Une importance capitale doit être accordée à la ventilation qui a un impact sur l’équilibre acido – basique ;

A 25 % les reins par les urines, en cas de débordement, peau et glandes sudoripares peuvent suppléer et être éventuellement stimulées. Toutefois ce processus normal d’élimination peut être bloqué en cas de stress important, répété. Tout stress implique une grosse dépense d’énergie et bien souvent une hyper ventilation du sujet qui entraîne à son tour une sous oxygénation. Ce qui bloque le processus de fabrication de l’énergie et les métabolites intermédiaires utilisés au cours de ce processus sont aussi bloqués ce qui est source d’acidification ;

Notons aussi les règles pour les femmes et de façon générale mais moindre les intestins.

La tendance naturelle du corps à fabriquer des acides résulte de plusieurs causes (alimentaires, toxiques, métabolisme, stress… ) :

  • Stress, surmenage physique et mental (une activité physique intense aura pour conséquence une sous oxygénation des tissus, des courbatures musculaires ==> acide lactique) avec des conséquences sur les systèmes nerveux et hormonal ;
  • Alimentation avec une sur – consommation d’aliments soit acidifiants (café, thé, sodas, eau, aliments raffinés agrumes, condiments, sucre …) soit acides par rapport à la consommation d’aliments alcalinisants (fruits et légumes sauf agrumes) ;

 Les aliments peuvent être donc :

Acides Acidifiants Alcalinisants
Il s’agit d’acides faibles qui ne posent pas de problème pour un métabolisme normal Leur digestion produit des acides que le corps va devoir gérer. Il s’agit souvent de faux amis  
Fruits : agrumes, petits fruits rouges, certaines pommes, cerises, prunes, abricots Sucre raffiné et dérivés (confiseries…), édulcorants (==> acide acétique) Pommes de terre
Fruits pas mûrs Céréales complètes (en raisons de leur richesse en acide phosphorique è à consommer modéremment). Légumes verts, crus ou cuits : salades, laitue, haricot vert, chou …
Excès de fruits doux Produits à base de céréales (pain, pâtes, flocons…) Légumes colorés : carotte, betterave …
Légumes : tomate, rhubarbe, oseille, cresson,… Légumineuses (soja, haricot blanc, fève) Maïs
Condiments : vinaigres Produits laitiers Lait, crème, petit lait frais (ou en poudre élaboré avec du petit lait frais)
Miel Huiles végétales raffinées, durcies Bananes
Choucroute Viande, volaille, charcuterie (è acides urique, nitrique) Amandes, noix du brésil
Jus de fruits, jus de citron Œufs (n’est concerné que le blanc de l’œuf) Châtaignes
Fromages (forts) Fruits secs (sauf l’abricot)
Fruits oléagineux (sauf l’amande) Eaux minérales alcalines
Café, thé, cacao, vin Boissons et préparations à base d’amande
Boissons industrielles (sodas, coca è acide sulfurique)
Attention goût acide ne signifie pas forcément acidifiant, exemple du citron qui agit différemment selon le profil des personnes.

Source image : livre 

  • Médicaments ;
  • Faiblesse des glandes digestives ;
  • Carences, notamment en vitamines et minéraux ;
  • Défaut d’élimination ;
  • Manque de sommeil ;
  • Sous-oxygénation (manque d’exercice physique) ;

 Aux multiples conséquences :

  • Epuisement (trop d’acidité empêche la production d’énergie par le corps) ;
  • Inflammation des tissus et des muqueuses ; ostéoporose, rhumatisme et goutte, athrite, arthrose, inflammation des gencives, problèmes cutanés (dessèchement de la peau, crevasses) ;….
  • Faiblesse enzymatique ;
  • Influence sur le bon fonctionnement des membranes cellulaires ;
  • Déminéralisation ; reflux gastriques ; brûlures d’estomac ; brûlures rectales ; brûlures urinaires ; calculs ;
  • Encrassement des organes ;
  • Déséquilibre du microbiote intestinal, fermentations, putréfactions, inflammation, hyper absorption acide è déséquilibre du PH en lien avec dysbiose ;
  • Abaissement du système immunitaire ; rhume, grippe, angine, bronchite, sinusite, otite, aphtes, herpès ….
  • Déséquilibre du système nerveux ; frilosité, nervosité, dépression, manque d’énergie ;
  • Affaiblissement du système endocrinien ;
  • Crampes, difficultés de récupération à l’effort, maux de tête, migraine ;
  • Auto – intoxication progressive du corps ;
  • Maladies chroniques avec perturbation normale du métabolisme ;

Rien n’est poison sauf la dose ! Attention à son métabolisme, à la saison à laquelle on mange les aliments ….

Concernant le métabolisme, chacun est différent et certains présentent une faiblesse métabolique vis-à-vis des acides qu’ils vont mal neutraliser et ils pourront s’acidifier pour un oui ou pour un non, à partir d’une contrariété, d’un surmenage physique ou mental, … ce qui sera source à plus ou moins long terme de troubles divers, parfois graves. Alors que les autres ne connaîtront que des troubles passagers et anodins.

« Si tu es maladerecherche d’ abord ce que tu as fait pour le devenir. »Hippocrate

A côté du PH on peut entendre parler du “”PRAL qui mesure la charge acide de l’urine véhiculée par un aliment au niveau rénal et tenant compte d’un coefficient d’absorption intestinale. Si l’indice du PRAL est supérieur à zéro alors l’aliment est considéré comme acidifiant. Si l’indice du PRAL est inférieur à zéro alors l’aliment est considéré comme alcalinisant. Cette vision peut être considérée comme limitative car un aliment peut être acide tout en contenant des éléments alcalinisants (exemple eau de vichy du fait de sa teneur en bicarbonates !).

Concrètement le naturopathe va proposer de corriger le terrain pour rééquilibrer le PH. Ce qui passe par la mise en place un plan de correction globale de l’hygiène de vie (alimentation, exercice physique, respiration, relaxation, biothérapies) et la suppression progressive des mauvaises habitudes :

  • Améliorer la prise de conditions des repas : dans le calme (sans la télé, la tablette….) et la sérénité, prendre le temps de mastiquer, s’isoler des autres si nécessaire (lieu de travail souvent peu propice à la détente, éliminer les moments de tension et de rumination). 
  • Limiter les mélanges d’aliments. 
  • Sortir de table en ayant faim ==>  ATTENTION AUX QUANTITES.
  • Eviter de sauter des repas et surtout prendre PLAISIR à manger. 
  • Corriger l’alimentation en privilégiant des aliments « vivants » (80 % de fruits et légumes seraient l’idéal), crus et cuits, à adapter en fonction de son état de santé, des conditions de vie, du climat, des saisons … è simplifier!!!! Les protéinée et les sucres lents devront être accompagnés de légumes (attention à la tomate et à l’aubergine) et jamais à deux repas le même jour.
  • Boire une eau minérale de qualité et éviter l’eau du robinet si possible è s’hydrater suffisamment en buvant environ 1 l 5 à 2 l par jour : au quotidien boire une eau peu minéralisée (au Ph légèrement acide), et réserver les eaux minérales (Vichy, Vals ….) aux périodes d’alcalinisation qui peuvent s’ils sont consommés sur le long terme provoquer des calculs rénaux …;
A privilégier                     A réduire progressivement ou à supprimer en fonction des troubles
 Aliments variés, frais, de saison, produits si possible localement

Légumes verts, pommes de terrre, carottes, avocat …

Graines germées,

Jus de légumes frais,

Huiles végétales de 1ère pression à froid,

Herbes aromatiques fraiches,

Amandes, raisins et pruneaux secs, châtaignes

Céréales complètes (avec modération et attention au gluten en fonction tolérance)

Infusions, thé rouge

Bouillons de légumes, tisanes

Lait de vache et dérivés

Charcuteries

Viandes rouges

Matières grasses saturées, trans, chips, fritures …

Desserts et boissons sucrées

Gluten

Vin rouge toléré si de bonne qualité: tout est question de dosage

Boites de conserve et plats préparés

Le meilleur anti – oxydant se trouve dans l’assiette.

100 grammes de viande ou de poisson peuvent être remplacés par 100 grammes de céréales et 50 grammes de légumineuses ou 100 grammes de fruits oléagineux
Nourrir son système nerveux avec des anti- oxydants, vitamines B et E, fer, oméga 3, acide folique

Banane, noix, amande, graines de tournesol ,raisins secs, brocolis et épinards, germe de blé, levure de bière, poissons et fruits de mer seront les bienvenus !

  • Détoxifier en présence de métaux lourds, chimio, radioactivité ….
  • Plus particulièrement drainer au niveau de:
    • Les reins (cassis, artichaut, queues de cerise, aubier de tilleul, piloselle, ….
    • La peau en favorisant la sudation : sauna, hamman, bain chaud hyperthermique), frictions, tisane sudorifique (sureau, tilleul) …
    • Le foie : mettre bouillote d’eau chaude, pratiquer la réflexologie plantaire, ou la cure d’huile d’olive ou de jus de citron si SP …;

 Régénérer la flore intestinale :

  • Mettre en place compression et rétention respiratoire, pratiquer des massages abdominaux, réflexologie, bains dérivatifs, lavements, hydrothérapie du colon …,
  • S’occuper de la flore intestinale par l’implantation de bonnes bactéries ; pré ou pro ou actibiotiques:
Glutamine ++++ : réparation des muqueuses, si perméabilité intestinale, carburant des entérocytes, équilibre acido basique, régulation du sucre è persil, miso, légumineuses, produits laitiers …
  • Revitaliser/reminéraliser avec des super aliments (naturels et bruts) qui apportent
    • des minéraux : plasma de quinton, ortie, prêle, algues de mer, lithothamme, spiruline, pollen frais, argile verte ventilée, citrates alcalins (ce que préconise Christopher Vasey dans son livre ils neutralisent les acides et reminéralisent selon lui)…
    • des vitamines: élixir du suédois, pianto, bio saint joseph, acérola, gel d’aloé véra, , ….
      • Nutrithérapie : vitamines (A,B,C,E), minéraux (ex.mg intervenant dans de nombreuses réactions biologiques …), enzymes digestives (bromélase, papaïne), anti oxydants, lécithine de soja…
      • Litothérapie : si insuffisance hépatique : lazulite D8, jaspe vert D8, si ulcère gastro duodénal : glauconie D8, diopside D8, soufre natif D8,
  • Reminéraliser passe aussi par :
    • Bouger, pratiquer une activité physique quotidienne adaptée, quotidienne et modérée, en plein nature (oxygénation ++=), jardiner ; se promener dans la nature è attention sédentarité et excès de sport = fléaux = acidification,
    • Respirer en privilégiant une respiration longue et complète, abdominale, et en toute conscience
    • Prendre le soleil : importance de la vitamine D ++ ;
  • Eviter le stress et se déconnecter avec : apprendre à se détendre, à se poser, faire des siestes, dormir, se faire masser, suivre des séances de sophrologie

Toutes ces actions visent à rétablir l’équilibre acido basique et à relever le niveau de vitalité de la personne.

«On ne dira jamais assez l’importance de l’équilibre acido basique dans le maintien de la santé. Les microbes, les virus et les champignons naissent spontanément en fonction de l’état du « terrain » lié au changement de Ph. » Docteur Catherine Kousmine

Lectures conseillées :

L’équilibre acido – basique de Christopher Vasey

« RE-ENERGISATION Re-Construisez votre énergie L’équilibre Acido-basique Une notion fondamentale » du Docteur Frédéric Louis